BEARN EN FÊTE

NOTRE BEARN NOUS L'AIMONS

*Le Béarn en 2015*

 

Le Béarn a su conserver ses traditions ancestrales.

Il est aussi fier de faire partager son couvre chef, le

Béret reconnu mondialement et encore fabriqué à Oloron.

 

Quel plus bel éloge du

 

béarnais que celui-là?  
                 

 

 

 

  " Cette terre de Béarn " était ma mère et mon père, ce fut un langage que nous

parlions couramment et qui n'était pas le français.

    Le français, c'était la langue endimanchée aux vêtements un peu raides et sans

faux plis, que l'on nous enseignait pourtant avec amour.

    Nous savions manier le passé simple et l'imparfait du subjonctif comme on le

sait toujours en Béarn alors que cet art s'est perdu dans la capitale.

   Notre langue de tous les jours , celle des choses et non des idées c'était le

parler rude  des ancêtres dont chaque vocable est une concrétion de l'énergie:

la chose qui prend corps dans notre chair, l'aspérité de la chose dans notre gorge,

son volume, sa densité, sa saveur particulière à notre palais. 

   Le béarnais m'a appris à aimer dans le langage un acte permanent

d'incarnation : l'identité de celui qui dit et de la chose dite, de la nature et de

l'esprit que le verbe connaît ensemble et fait un.

   Grâce à cette langue que j'ai un peu oubliée, mais qui me demeure toujours neuve,

de sorte qu'à relire tels textes béarnais j'éprouve de nouveau le sentiment que la

genèse vient d'avoir lieu.

    J'ai voué au vocable un respect bien au-delà de son sens intellectuel, une

confiance qui tient à sa texture, à la matière dont il est fait, à la multiplicité des

sens possibles qu'elle contient et que l'esprit pourra mettre en oeuvre.

   Un mot béarnais, c'est tout nerf et tout os, un centre de significations en alerte,

un squelette de consonnes puissantes, une architecture dont les voyelles couvrent

le vaste espace intérieur, une articulation de rythmes souples et sûrs comme le

sens pyrénéen de la marche, un être charnel et spirituel tout ensemble, sec comme

un sarment bien planté sur terre,  sans trace de l'emphase qui empâte d'autres

parlers, mais plein d'un souffle à la mesure du chant et si l'on veut de la rhétorique

profonde, le vaste discours de l'âme emporte l'adhésion plus que la logique des

concepts "

  -Discours du gantois Pierre Emmanuel

lors de sa réception à l'Académie des Lettres

Pyrénéennes, en 1962-

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